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Pigiste mode d’emploi
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Conseil des Prud’hommes et justicePigiste mode d’emploi (page 7)Le conseil des Prud’hommes - Quand les pigistes vont en justiceLe conseil des Prud’hommesLa Convention collective nationale des journalistes et le Code du travail sont intégralement applicables aux journalistes salariés que sont les journalistes rémunérés à la pige. Certains employeurs refusent obstinément de les appliquer. Il reste alors la voie judiciaire Lorsque des sommes importantes sont en jeu, il faut se faire quasi obligatoirement assister par un avocat, si possible un spécialiste du droit du travail. Si vos revenus actuels ne vous le permettent pas, vous pouvez faire appel, sous certaines conditions, à l’aide juridictionnelle. On peut aussi se faire assister par un délégué du personnel ou syndical ayant déjà l’habitude de plaider en audience. Présenter soi-même sa défense est autorisé mais risqué, c’est un exercice difficile, nécessitant d’être très sûr de soi. Si la présidence de l’audience revient à un conseiller patronal, il faut vous attendre à des questions parfois déroutantes. En outre, l’employeur, lui, aura presque sûrement un avocat rompu aux débats. La partie sera donc inégale. Dans tous les cas, il faut avoir un très bon dossier, sa présentation et son contenu sont primordiaux. Trop volumineux, il indisposera le tribunal. Trop mince, ne comportant pas le minimum de documents nécessaires, c’est sûrement votre adversaire qui l’emportera. Un bon dossier doit comporter au minimum : Vos "chefs de demande", sur le formulaire que vous aurez retiré au greffe des Prud’hommes dont dépend la ville où l’entreprise a son siège ou celle de votre lieu de travail. Il s’agit de l’évaluation des sommes qui vous sont dues. Elles doivent être chiffrées avec précision, avec le mode de calcul justifiant cette ou ces sommes : indemnité de licenciement, préavis, congés payés, treizième mois, arriérés de salaire qui vous sont dus. En règle générale, les préjudices sont estimés sur la moyenne des trois derniers mois de salaire. Cette clause est souvent pénalisante pour les pigistes ; aussi n’omettez pas de joindre tous vos bulletins de salaire depuis votre première pige avec la société éditrice. Et tenez compte de la valeur de vos piges antérieures pour évaluer des dommages et intérêts. Très important, précisez aussi l’application de "l’article 700 du nouveau code de procédure civile". Il permet le remboursement (si vous "gagnez") d’une partie des frais que vous avez dû engager pour obtenir gain de cause. Dans des chemises séparées :
Une présentation rigoureuse Toutes ces chemises doivent être "sous cote", c’est-à-dire comporter sur leur couverture un chiffre romain plus une lettre de l’alphabet, chaque pièce à l’intérieur étant numérotée en chiffres arabes, plus la lettre correspondant à celle de la chemise qui renferme cette pièce. Les chemises seront elles-mêmes placées dans un dossier cartonné à soufflets portant sur sa couverture de façon bien lisible : Affaire X (votre nom) demandeur - contre Y (raison sociale de votre employeur). L’ensemble du dossier comportera, en début, un récapitulatif des pièces y figurant, avec les "cotes" des dossiers et les numéros des pièces correspondantes. Cette présentation rationnelle est très importante, et elle fait gagner du temps lors du délibéré du tribunal, ce qui jouera en votre faveur. Dernières recommandations Veillez (ainsi que vos représentants) à être exacts au jour et à l’heure de la convocation pour l’appel des causes : le tribunal y est sensible. Et si la partie adverse est ponctuelle aussi, vous ne risquerez pas d’être relégués en fin de séance, autrement dit plusieurs heures plus tard. Répondez brièvement, mais le plus précisément possible aux questions posées par le président d’audience ou l’un des conseillers : vous lancer dans un discours, même s’il vous paraît très justifié est inutile, voire nuisible. Évitez toute attitude ou propos agressifs vis-à-vis de votre adversaire ou de son représentant, même si vous en avez fortement envie ou s’il vous provoque délibérément (cela arrive !). Fermeté, oui, mais restez calme autant que possible... Pour Paris, le conseil des Prud’hommes siège 27, rue Louis-Blanc, 75010 Paris, tél. : 01 40 38 52 00. En province, en général les locaux sont à la préfecture, sinon, demandez-en l’adresse à votre mairie. Quand les pigistes vont en justiceClause de cession En cas de cession d’un organe de presse, tout journaliste peut invoquer la clause de cession et partir dans les conditions d’un licenciement. Qu’en est-il pour les journalistes rémunérés à la pige ? Dans un arrêt récent, la cour d’appel de Versailles a reconnu pour la première fois qu’un journaliste pigiste qui collaborait de façon quasi permanente - il animait une rubrique - pouvait se prévaloir des dispositions de la clause de cession. L’article L761-7 sur la clause de cession précise dans son premier alinéa que les journalistes concernés sont ceux visés par l’article L761-2. Ce dernier comprend dans sa définition des journalistes professionnels les pigistes, cependant que la loi Cressard avance la présomption de contrat de travail pour tout journaliste professionnel, quel que soit son mode de rémunération. À l’avenir, une telle décision pourrait aussi intervenir pour la clause de conscience invoquée par les pigistes. L’aide juridictionnelle Le droit à cette aide se calcule sur un plafond de ressources mensuelles, basées sur les revenus de l’année civile précédente. Il existe deux plafonds ; l’un ouvre droit à l’aide totale, l’autre à l’aide partielle. Ces plafonds sont majorés pour le conjoint ou concubin à charge, les descendants ou ascendants à charge. Pour en connaître exactement les conditions, renseignez-vous auprès du greffe du conseil des Prud’hommes ou auprès du service social de votre mairie. |