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Libération de Moussa Kaka : lettre ouverte au président du Niger

A Monsieur Mamadou TANDJA

Président de la République du Niger

Monsieur le Président,

Le 3 mai 2008, a eu lieu la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse. Cette journée a été créée en 1993, par l’Assemblée générale des Nations Unies, pour honorer les sacrifices consentis dans la lutte pour la liberté de la presse à travers le monde car, dans de nombreux pays, des journalistes sont assassinés, menacés, incarcérés et harcelés. Leurs publications sont censurées, soumises à des amendes, suspendues ou fermées.

Dans le pays que vous dirigez, le Niger, nous ne comprenons pas pourquoi Moussa Kaka, journaliste émérite et correspondant de Radio France Internationale depuis 1993, croupit dans la prison civile de Niamey depuis son arrestation le 19 septembre 2007.

On lui reproche ses contacts professionnels avec la rébellion Touareg, contacts qu’il a eus dans l’exercice de son métier de journaliste. Il a été inculpé de "complicité d’atteinte à la sûreté de l’Etat" et risque la prison à vie.

Monsieur le Président, Moussa Kaka n’est pas un "bandit". Il est journaliste. Son métier, c’est de rendre compte de la réalité, même celle que l’on voudrait cacher. Il écoute tous ceux qui font l’histoire, qu’ils soient ministres ou présidents, mais aussi rebelles ou marginaux. Et ce métier, il le fait bien. De ce fait, Moussa Kaka est innocent du crime dont on l’accuse.

En cette journée mondiale de solidarité pour la liberté de la presse, nous vous demandons de faire respecter ce principe fondamental des droits de l’Homme et de faire libérer Moussa Kaka car son seul tort est de ne pas avoir cédé aux pressions qui ont pesé sur lui.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, nos salutations respectueuses.

le 5 mai 2008