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Droits d’auteur des journalistes : Le coup de force de quelques patrons ruine le consensus

Sous la pression d’une frange extrémiste d’éditeurs, notamment ceux de la presse quotidienne régionale, les parlementaires de la Commission mixte paritaire ont maintenu, dans le projet de loi sur les droits d’auteur des journalistes, un amendement qui n’a rien à voir avec cette problématique. En inscrivant dans la loi que le journaliste peut désormais être amené, du simple fait de son contrat, à travailler sur les différents supports d’un titre de presse, il satisfait en revanche la volonté des patrons de presse de faire des économies sur la main d’œuvre rédactionnelle.

Cet amendement, qui modifie en profondeur l’organisation du travail des rédactions, constitue une atteinte au statut du journaliste. Passé en force, sans concertation, il porte un coup d’arrêt aux négociations sur les évolutions multimédia, qui avaient pu s’engager à l’intérieur des entreprises de presse. Surtout, il constitue un obstacle de plus à l’amélioration de la qualité de l’information, condition essentielle pour que les médias, notamment régionaux, retrouvent la confiance de l’opinion et espèrent ainsi surmonter la crise économique.

Une telle issue est d’autant plus regrettable que, sur la seule et délicate question des droits d’auteur, un consensus avait pu être trouvé entre la plupart des syndicats de journalistes et organisations d’éditeurs, sur un projet qui avait reçu l’aval des États généraux de la presse écrite, de la majorité présidentielle et des principaux partis de l’opposition. Tous avaient admis que le respect de cet équilibre était de nature à garantir la stabilité sociale dans les entreprises de presse, et favoriser ainsi leur conversion au numérique.

Ces patrons de presse, qui ont réussi leur coup bas après avoir tenté en vain de s’en prendre aux droits d’auteur des journalistes, sont les mêmes qui nient les droits des pigistes et veulent désormais imposer par la force ce qu’ils sont incapables d’obtenir par une négociation dont ils ne veulent d’ailleurs pas. Ils ne vont pas tarder à découvrir sur le terrain qu’il y a pire qu’un interlocuteur avec lequel on ne veut pas discuter : c’est l’absence d’interlocuteur lorsque l’on en a besoin.

Paris,

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le 8 avril 2009