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Les communiqués



 

Nomination du président de France Télévisions : le choix de l’Elysée

Rémy Pflimlin n’est pas un inconnu pour les salariés de France Télévisions, en particulier de France 3 dont il a été le directeur général jusqu’en 2005. Lui qui avait ponctué son communiqué de départ par un « affectueusement » destiné aux salariés, n’a pas laissé que de tendres souvenirs. Les salariés se souviennent en particulier d’une période où les « ressources inhumaines » devenaient une logique d’entreprise.

En cinq ans, beaucoup de choses ont changé. La loi sur l’audiovisuel public du 5 mars 2009 a modifié en profondeur le cadre juridique de l’entreprise et les conséquences sur les salariés sont immenses.

Pour les journalistes, la question de l’indépendance est essentielle. Les conditions de nomination du nouveau président de France Télévisions constituent un handicap certain pour l’heureux désigné.

Après Radio France avec Jean-Luc Hees, c’est au tour de France Télévisions d’expérimenter la nomination en direct de l’Élysée. Dès 2008, le SNJ avait dénoncé et combattu cet aspect de la loi sur l’audiovisuel public comme un élément de régression démocratique. Une régression qui porte en germe la suspicion permanente sur l’indépendance des rédactions et sur une information de service public libre et pluraliste.

Pour autant, le SNJ jugera le nouveau président sur ses actes. Celui-ci prendra la tête d’une entreprise qui, depuis deux ans, vit un bouleversement sans précédent. Pour avoir voulu mener de front la remise en cause des statuts sociaux et la fusion des chaines, l’équipe sortante a créé le chaos et généré de graves risques psycho sociaux pour les salariés. On attend donc de Rémy Pflimlin qu’il calme le jeu sur tous les fronts.

Il est encore temps de corriger le tir sur les statuts puisque la justice a prolongé la durée de vie des conventions collectives en vigueur. En privilégiant une harmonisation par le haut et en intégrant déontologie et principes professionnels dans l’accord collectif qui sera négocié.

Il est toujours temps d’arrêter la casse professionnelle et humaine en gelant certains aspects de la restructuration et en organisant une véritable consultation des personnels à travers leurs instances.

Pour le SNJ, la priorité de la nouvelle équipe de direction doit être de garantir les conditions d’exercice de la mission d’information en toute indépendance. Cela se vérifiera à travers un certain nombre d’actes concrets :

-   respect du pluralisme et maintien des rédactions nationales de France télévisions (France 2, France 3, France Ô) ;

-   respect du pluralisme et maintien des éditions et des rédactions locales, régionales et ultra marines, en toute indépendance vis-à-vis des groupes de presse privés et des collectivités territoriales ;

-   choix des futurs responsables de l’information.

La crise qui secoue France Inter depuis l’éviction brutale de chroniqueurs impertinents a montré très vite les limites de l’indépendance des dirigeants nommés par le Président de la République. Le SNJ ne laissera rien passer sur ce terrain là. Il appelle tous les journalistes à la plus extrême vigilance et à résister plus que jamais à toute tentative de pression.

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le 5 juillet 2010