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Accueil du site > Le syndicat > La communication du SNJ > Les communiqués de presse > En 2012 > Le Crédit Mutuel liquide le pluralisme de « sa » presse - samedi 30 juin 2012

Le Crédit Mutuel liquide le pluralisme de « sa » presse

Officieuse depuis plusieurs semaines, l’information a été officialisée ces derniers jours directement par appel à candidatures, et dans les comités d’entreprise de la plupart des journaux détenus par le Crédit Mutuel (*). La banque fédérative s’apprête à supprimer l’ensemble des services d’informations générales de tous ces quotidiens, pour les remplacer par un « bureau parisien » constitué de quinze journalistes, qui ouvrira à l’automne, en toute « indépendance », dans les locaux du CIC.

Cette structure bi-média, agence de presse expérimentale qui ne dit pas son nom, sera chargée d’alimenter les journaux à la fois en contenus papiers fournis clés en mains, et en contenus web, à travers un fil d’informations destiné aux différents sites Internet des journaux.

Ainsi, dès la fin de l’année, le Crédit Mutuel proposera aux lecteurs de presse quotidienne régionale, sur une zone de diffusion qui s’étend de Strasbourg à Avignon, de Grenoble à Dijon et de Lyon à Nancy, strictement le même traitement de l’information nationale. Il s’agit d’un coup extrêmement grave porté au pluralisme de la presse écrite en région, et ce faisant avec l’article 34 de la Constitution francaise.

Il s’agit d’une attaque frontale contre l’histoire de ces journaux, leurs identités respectives, l’indépendance de leurs rédactions. Supprimer leurs services d’informations générales, c’est leur arracher un peu de leur ADN.

Première organisation de la profession, le Syndicat national des journalistes, majoritaire dans la plupart de ces journaux, a clamé haut et fort dans tous les CE son opposition à cette logique de mutualisation des contenus.

Dédaigneuse des spécificités régionales et des lecteurs condamnés à consommer la même "soupe" de la pensée unique, cette politique s’accompagne d’un appauvrissement global des rédactions, dont les effectifs ont été réduits jusqu’à l’étranglement, la banque fédérative ayant utilisé la clause de cession pour supprimer plus de 100 postes de journalistes depuis 2010, en ne remplaçant pas -ou si peu- les départs dans toutes les entreprises.

Le Crédit Mutuel a fait le choix d’investir dans la presse. Il doit assurer la pérennité de chacun des journaux, et garantir un pluralisme qui ne soit pas de façade, en Alsace comme dans les Vosges, en Bourgogne comme dans le territoire de Belfort. Le SNJ renvoie la banque fédérative aux « engagements relatifs à l’autonomie éditoriale des titres », pris il y a un an, vis-à-vis de l’Autorité de la concurrence, et déjà foulés au pied.

Le SNJ rappelle au Président de la République les promesses du candidat Hollande, il y a quelques semaines.

Et plus que jamais, le SNJ milite pour qu’une loi reconnaisse l’indépendance juridique des rédactions.

Paris,

(*) Le Dauphiné Libéré, Le Progrès, le Journal de Saône-et-Loire, le Bien Public, L’Est Républicain, Vosges-Matin, le Républicain Lorrain, L’Alsace, les Dernières Nouvelles d’Alsace.

samedi 30 juin 2012


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