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Accueil du site > Le syndicat > La communication du SNJ > Les communiqués de presse > En 2013 > Le CSA n’est pas l’instance de déontologie des journalistes ! - lundi 18 février 2013

Le CSA n’est pas l’instance de déontologie des journalistes !

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) est en pleine récidive. Le 14 février dernier, il a publié une mise en garde contre France Télévisions à l’occasion d’un reportage sur le conflit au Mali. Dans un sujet diffusé dans "Envoyé Spécial" du 7 février sur France 2, il a stigmatisé : "[…] Des plans répétés et particulièrement insistants sur les corps de personnes décédées, sans analyse correspondante […]".

Pour le Syndicat national des journalistes (SNJ), première organisation de la profession, il ne peut être rendu compte d’une guerre sans en montrer les victimes. Dans "Envoyé Spécial", les images, correctement décryptées, sont autant d’éléments d’information pour les citoyens. Images assorties d’un avertissement "déconseillé aux moins de 10 ans", visible pendant toute la durée du reportage. Un principe que rappelle dans son préambule la Charte d’éthique professionnelle des journalistes (1918-38-2011) du SNJ : "Le droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste, rappelé dans la Déclaration des droits de l’homme et la Constitution française, guide le journaliste dans l’exercice de sa mission. Cette responsabilité vis-à-vis du citoyen prime sur toute autre."

Le SNJ tient à mettre en garde le CSA contre ses tentatives récurrentes de vouloir se prendre pour le conseil de l’ordre des journalistes.

Le 10 décembre 2010, déjà, le SNJ s’insurgeait déjà contre une décision inique et suspecte du conseil : France 2 était finalement condamnée à 100 000 euros d’amende pour une erreur journalistique commise plus d’un an auparavant, réparée quelques minutes plus tard, et pour laquelle les responsables de l’époque avaient déjà été entendus sans suite donnée alors par l’instance. "Il n’est pas question que le CSA, dont ce n’est ni le rôle ni les attributions, s’immisce dans le fonctionnement des rédactions et la déontologie des journalistes. Le CSA, dont l’indépendance est régulièrement mise en cause du fait du mode de désignation politique de ses membres, n’est légalement pas qualifié pour juger de la déontologie des journalistes" écrivait à l’époque le SNJ. Malgré nos demandes, la sanction n’avait pas été levée.

Le 10 juillet 2012, le SNJ dénonçait une "mise en garde" du CSA à TF1 pour avoir diffusé le dimanche 8 juillet, dans son émission "Sept à Huit", des enregistrements audio entre Mohamed Merah et les policiers. "Le CSA, prétend ainsi jouer le rôle du grand inquisiteur de ce qui est bien et mal dans le travail des journalistes. Faisant référence a des notions floues telles que des "précautions nécessaires" et de la "prudence nécessaire" le Haut conseil fait acte de "censure préventive" pour toutes celles et ceux qui seraient tentés de suivre une enquête délicate", soulignait en 2012 le SNJ dans un communiqué.

Le SNJ dit fermement au nouveau président du CSA : ce n’est pas parce que vous comptez dans vos rang des membres ayant exercé la profession de journaliste que vous pouvez traiter de la déontologie de notre profession.

Auteur de la Charte d’éthique professionnelle des journalistes (1918/38-2011), texte fondateur, particulièrement dans l’audiovisuel public, qui rappelle qu’un journaliste digne de ce nom « ne reconnaît que la juridiction de ses pairs », le SNJ est aussi à l’origine de l’Appel de Villeurbanne, en octobre dernier, qui propose à la profession la création d’une instance de déontologie pour les journalistes professionnels.

Paris,

lundi 18 février 2013


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