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Communiqués de presse, Comité national

Résolution finale du Comité national du SNJ

Votée à l'unanimité

 

Réuni en Comité national les 18 et 19 mars 2022 à Paris, le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, s’inquiète de la montée de la censure dans le monde, dans le sillage de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui est aussi une guerre de l’information et de la propagande.

En Ukraine, la sécurité des centaines de journalistes nationaux et internationaux est préoccupante. En Russie, la nouvelle loi sur la presse interdit la liberté d’informer des journalistes des médias russes, comme des correspondants des médias étrangers.

Dans la foulée des sanctions économiques contre la Russie, l’Union européenne a pris une décision arbitraire et inédite, en interdisant à certains médias dont Russia Today France d’émettre dans toute l’Europe. Au-delà des débats sur les choix éditoriaux des médias en question, cet épisode constitue pour le SNJ un précédent dangereux pour la liberté de la presse en Europe. Le SNJ renouvelle son soutien aux journalistes de RT France, privés de travail.

Le Comité national salue le courage de la journaliste Marina Ovsiannikova, qui a bravé le pouvoir russe, en exhibant une pancarte à la télévision à une heure de grande écoute, afin de dénoncer la guerre en Ukraine et la propagande.

Le Comité national qui a accueilli le président du SNJ tunisien Madhi Jelassi, apporte son soutien aux confrères et consœurs en Tunisie, face au durcissement du pouvoir contre la liberté de la presse.

Toujours sur la scène internationale, le SNJ n’oublie pas Hamadoun Nialibouly, Olivier Dubois et Moussa M'Bana Dicko, journalistes otages au Mali. Si une vidéo non-datée montre Olivier Dubois vivant, le SNJ appelle le gouvernement à obtenir sa libération. Détenu depuis bientôt un an, Olivier Dubois est le seul otage français dans le monde.

Enfin, le Comité national adresse ses pensées émues aux familles des cinq journalistes tués dans l’exerce de leur mission d’information depuis le début du conflit en Ukraine.


Le SNJ salue le travail mené par la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et sa fédération européenne (FEJ) qui viennent en aide aux journalistes russes et ukrainiens. Le fonds de soutien pour l’Ukraine lancé par la FIJ/FEJ a déjà permis de financer des équipements de sécurité et pourrait permettre l’installation d'un centre de coordination de l'aide à la presse en Pologne, près de la frontière ukrainienne. Le SNJ se joint à cet élan de solidarité en versant un don à ce fonds de la FIJ.

Pour des raisons évidentes, le SNJ déconseille fortement aux journalistes ne bénéficiant pas de l’appui logistique d’une rédaction de se rendre en Ukraine au péril de leur vie.

Dans ce contexte international incertain, la profession n’échappe pas aux conséquences de l’envol du coût de la vie sur le pouvoir d’achat des salariés. Le Comité national s’est déplacé ce vendredi 18 mars au siège de l’Alliance de la presse d’information générale (Apig), le syndicat des patrons de la presse quotidienne nationale, régionale, départementale et hebdomadaire régionale, afin d’exiger l’organisation immédiate de négociations salariales de branche que les employeurs refusent de tenir depuis des années, malgré les promesses orales. L’Apig nous a promis une réponse rapide. Le SNJ appelle ses sections à se mobiliser en prenant le même exemple pour débloquer la situation sur les salaires dans les entreprises.

Dans les entreprises, les conditions de travail continuent à se dégrader. Le SNJ travaille sur une nouvelle enquête nationale, avec le cabinet Technologia, qui fera l’objet d’une restitution en octobre, au congrès de Lyon.

Alors que les éditeurs commencent à signer des accords de licence avec les GAFAM sur le droit voisin permettant une rémunération de la reprise des contenus, le SNJ rappelle que la loi prévoit une répartition juste, équitable et appropriée de ces revenus avec les auteurs.

Engagé dans le collectif StopBolloré, le SNJ réclame de nouveaux seuils et de nouvelles règles permettant de limiter la concentration capitalistique dans le secteur des médias. Le groupe Bolloré en est actuellement l’exemple le plus frappant, dans sa volonté de ficeler le monde des médias et le monde de l’édition, à des fins politiques et idéologiques. C’est pourquoi le SNJ revendique la création par la loi d’un véritable droit d’opposition collectif en instaurant une indépendance juridique rédactionnelle afin de protéger les rédactions de toute ingérence extérieure, d’où qu’elle vienne.

Le SNJ apporte son soutien aux journalistes pigistes, CDD et stagiaires de FranceInfo Sport en grève ce samedi 19 mars qui exigent des postes en CDI.

A quelques semaines de l’élection présidentielle, le SNJ met à la disposition de la profession, des citoyens et du débat public son « programme pour l’information ». Les sections et les délégués du SNJ sont invités à se saisir de cette plateforme, qui recense l’ensemble des positions et revendications du syndicat sur tous les sujets, de la protection des sources à la refonte des aides à la presse, pour faire vivre notre « programme pour l’information ».

 

Paris, le 19 Mars 2022

accès pour tous