Cadenasser l’accès à l’information judiciaire, c’est entraver la liberté d’informer
Depuis plusieurs années, pour la couverture de l’actualité, l’accès aux sources « institutionnelles » se raréfie : les sapeurs-pompiers, les gendarmes ou les policiers renvoient toujours davantage vers les parquets quand on leur demande des informations, sur des faits divers ou sur des faits de nature criminelle.
En fonction des juridictions, les réponses aux demandes des journalistes pouvaient varier, mais, globalement, il était encore possible de solliciter les procureurs, lesquels, selon le code de procédure pénale, sont les seuls habilités à donner des informations sur une enquête en cours.
Or, certains procureurs invoquant une surcharge de travail liée au tourbillon de l'affaire Lyhanna, ont expressément indiqué aux journalistes que dorénavant, il ne serait plus possible de les solliciter, comme l’atteste un courriel envoyé par le procureur de la République de Rouen.
Il s’agit d’une nouvelle restriction pour les journalistes et un nouveau recul pour le droit à l'information en France.
« Je ferai des communications d’initiative pour les affaires que j’estime le mériter », indique le magistrat dans son courriel. Cela lui donne évidemment le libre choix de communiquer sur des informations que lui seul juge utiles et pertinentes de divulguer.
La section du Syndicat national des journalistes (SNJ) de l'AFP, premier syndicat de journalistes de l'agence, demande qu’il soit toujours possible de solliciter les procureurs, et que la terrible affaire Lyhanna ne soit pas un prétexte pour entraver l’accès à l’information.

