Coupe du monde de football masculin : la presse sportive reste un boys club
La Coupe du monde de football masculin débute ce jeudi 11 juin 2026. Pendant cinq semaines, pour couvrir cet événement d’ampleur internationale, 150 journalistes travaillant pour des médias français se rendront sur le continent américain. 150 journalistes dont 140 hommes, selon le décompte de l’association Femmes Journalistes de Sport (FJS). Seulement 10 femmes, donc, soit 6,67 % des journalistes présents. Si on ne retient que la presse écrite, ce « taux de participation » tombe même à 2,5 %, avec 2 femmes pour 80 hommes.
En 2026, la part de femmes dans les rédactions sportives (17 % selon les FJS) reste encore anormalement basse. Leur faible représentativité interroge autant au regard de l’essor des sports féminins et de leur plus grande visibilité que de la féminisation de notre profession qui a atteint, à deux points près, la parité. En envoyant massivement des journalistes masculins outre-Atlantique à l’occasion du plus grand événement sportif de l'année, les directeurs de rédaction – car ce sont quasi exclusivement et sans surprise des hommes –envoient un signal inquiétant.
Pourtant, 61 rédactions ont signé en 2023 la Charte de la FJS les engageant à prendre des mesures en faveur de l'égalité femmes-hommes dans les rédactions sportives. Messieurs les directeurs, où sont donc vos engagements chiffrés ? Alors que cette vitrine mondiale aurait dû être l’occasion de montrer que vous les tenez, elle jette une lumière crue sur le peu d’efforts qui ont suivi cette signature « officielle ». C’est bien le peu de considération accordée à cette Charte et à ses promotrices, nos consœurs, que vous exposez ici.
Comment pouvez-vous vous déclarer volontaires sur le sujet de la féminisation du milieu et continuer tranquillement à faire perdurer cet entre-soi masculin ? Pourquoi le privilège de couvrir un Mondial de football continue-t-il d’avoir un sexe en 2026 ?
Le Syndicat national des Journalistes, première organisation de la profession, appelle les dirigeants des rédactions sportives à aller au-delà des promesses et des engagements de papier : il est temps de prendre des mesures concrètes en accord avec la réalité objective de vos rédactions. Les bonnes intentions ne suffisent plus : la profession et les femmes journalistes de sport attendent des actes.

