Editeurs et correcteurs du Monde : la direction doit répondre à une grève historique

Editeurs et correcteurs du Monde : la direction doit répondre à une grève historique

Le Monde papier n’est pas paru ce lundi après-midi, et le flux a été nettement ralenti sur le numérique. Cet événement rare est la conséquence d‘une grève massive des éditeurs et des correcteurs du journal. Des salariés exaspérés par la réorganisation en cours de la production, qui menace directement la qualité de leur travail et atteint leur santé. Le Syndicat national des journalistes, première organisation de la profession, leur apporte tout son soutien.

Editeurs et éditrices, correcteurs et correctrices : ces deux fonctions sont essentielles pour assurer la qualité du premier quotidien français. Les premiers sont journalistes, chargés de relire, corriger, titrer les articles. Les seconds, fierté du Monde, lisent et relisent encore, pour veiller au respect de la langue française. Ensemble, ces salariés portent un niveau d’exigence reconnu par les lecteurs.

L’organisation du travail était jusque-là rythmée par la fabrication du papier, la priorité est aujourd’hui mise sur le numérique en créant un système à deux vitesses. Une équipe d'éditeurs séparée du reste est entièrement consacrée au « print », le reste de l'effectif absorbe la copie numérique. Une réorganisation du travail pensée par la direction à effectif constant pour l’édition comme pour la correction et c’est là que le bât blesse.

Les salariés mobilisés dénoncent des conditions de travail ne permettant pas de faire un travail de qualité, à la hauteur des exigences du Monde, une perte de sens face au flux de la copie. Les horaires atypiques de soirée et de week-end ont été étendus sans aucune forme de reconnaissance de ces nouvelles contraintes.
Cette souffrance, la direction fait aujourd’hui mine de la découvrir. Pourtant, les salariés et leurs représentants n’ont cessé d’alerter ces derniers mois : lettres ouvertes, réunions, expertise… La direction a pourtant cru pouvoir passer en force, jusqu’à ce que cette grève la mette face à la réalité.

Aujourd’hui, il est temps de redevenir raisonnable : renforcer les services qui le nécessitent, déprécariser l’édition, reconnaître la pénibilité des horaires atypiques.

Pour peser sur les négociations, à l'initiative des syndicats SNJ, SGLCE-CGT, CFDT et SNJ-CGT, les salariés, en AG lundi 29 juin, ont voté un débrayage d’une heure mardi à partir de 11h30 pour soutenir leurs représentants syndicaux au moment de rencontrer la direction.

Paris, le 30 juin 2026

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Mardi 30 juin 2026
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