Journalistes et salariés des médias, mobilisons-nous contre l’inaction climatique !
Cet été, nous avons toutes et tous brutalement saisi la réalité du réchauffement climatique. Et nous, journalistes, avons pris notre part pour raconter un pays qui n’est pas prêt à y faire face.
Nous avons été en première ligne pour raconter les vies emportées par les flammes, informer les citoyens de la propagation des mégafeux et des fumées toxiques, décrire le plus grand exode de population depuis la seconde guerre mondiale, la vie des écoliers sous 35 degrés, les villages privés d’eau, la sécheresse frappant les agriculteurs, les morts au travail, et les 8.000 décès supplémentaires provoqués par les canicules. Raconter, aussi, les solidarités qui ont émergé pour pallier le retard des politiques publiques en la matière.
Nous, journalistes, sommes les témoins de cette terre qui brûle. C’est aussi notre responsabilité de documenter l’impréparation des pouvoirs publics, le sous-investissement dans les services d’incendies et de secours, l’insuffisance des budgets alloués à la transition écologique.
Ces canicules à répétition ont déjà tué, mais elles auront aussi un effet à long terme sur notre santé, mentale et physique. Elles risquent de peser lourd sur l’inflation, notre pouvoir d’achat, et nos conditions de vie.
Les salariés ne doivent pas payer l’inaction climatique de nos gouvernants et de nos patrons. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) est également sollicité par des collègues témoignant des conditions de travail impossibles (32 degrés dans certaines salles de rédaction, 40 degrés en reportage…), et de leur fatigue liée à des logements bien souvent inadaptés.
L’action syndicale, c’est aussi combattre les politiques mortifères qui détruisent la planète et nos emplois. Dans les entreprises, nous luttons pied à pied contre l’introduction irraisonnée de l’intelligence artificielle, dans un seul but de rentabilité. Sans contrôle éthique et citoyen, cette technologie accapare nos œuvres, détruit des emplois et se révèle dévastatrice pour l’environnement.
Pour toutes ces raisons, le SNJ, membre fondateur de l’Union syndicale Solidaires, appelle à rejoindre le mouvement du 26 septembre.
Nous exigeons des mesures à la hauteur des crises à venir, parmi lesquelles :
- Garantir de nouveaux droits aux salariés, ainsi qu’à leurs représentants, pour leur permettre de peser sur les stratégies et choix de production de leur entreprise ou service, et veiller à la santé et aux conditions de travail, alors que les ordonnances Macron ont démantelé les outils dont disposaient les représentants du personnel ;
- Financer le plan d’adaptation par des mesures volontaristes de justice fiscale et sociale, et conditionner les aides publiques aux entreprises à des critères sociaux et environnementaux ;
- Donner les moyens aux rédactions de traiter les questions écologiques (notamment en assurant la formation des journalistes), afin de garantir une information fiable et la place qu’elle mérite dans les lignes éditoriales ;
- Lutter efficacement contre la désinformation environnementale et protéger les journalistes exposés aux menaces ;
- Réduire les rythmes de travail et aménager les horaires en cas de forte chaleur, en fonction des situations de travail ;
- Taxer les superprofits et le patrimoine financier et immobilier des très riches pour financer la bifurcation écologique ;
- Assurer des investissements pérennes pour les énergies renouvelables.
Défendons nos conditions de travail et la justice sociale ! Protégeons le climat ! Rejoignons les marches du 26 septembre !
Pour trouver les mobilisations près de chez vous : https://26septembre.org/carte

