Le SNJ appelle les députés à rejeter la proposition de loi Yadan, qui fragilise la liberté d'expression et la liberté de la presse

Le SNJ appelle les députés à rejeter la proposition de loi Yadan, qui fragilise la liberté d'expression et la liberté de la presse

Portée par la députée Caroline Yadan, la proposition de loi (PPL) sur les formes renouvelées de l’antisémitisme, dite loi Yadan, est examinée les 16 et 17 avril à l’Assemblée nationale.
Pour le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, ce texte porte clairement atteinte à la liberté d’expression et la loi de 1881, comme nous l'avons exprimé dans une tribune publiée le 14 avril : https://www.humanite.fr/en-debat/antiracisme/la-proposition-de-loi-yadan-ou-la-promotion-de-la-censure

En introduisant de nouvelles dispositions répressives, la PPL Yadan fait peser une menace directe sur l’exercice de la profession de journaliste. Le droit de caricature est également dans le viseur. Soutenue par le gouvernement et cosigné par plus de 120 députés de différents groupes parlementaires, la PPL Yadan prévoit notamment la création d’un délit d’appel à la destruction d’un État et un durcissement de la répression de l’apologie du terrorisme. 
Le SNJ estime que la nécessaire lutte contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme, qui s'appuie sur de nombreux textes de loi, ne doit pas mener à l'adoption précipitée de dispositions pouvant menacer la liberté d'expression et le débat public. 
Le SNJ rappelle que la loi de 1881 sur la liberté de la presse, équilibre fondamental de notre démocratie, ne saurait être modifiée au gré des contextes politiques ou des émotions du moment. Toute réforme touchant à cette loi doit être conduite avec la plus grande prudence et dans le respect de son esprit fondateur.

Cette PPL Yadan s’inscrit dans la continuité de la loi dite "contre le séparatisme", adoptée par l’Assemblée nationale en 2021, que notre syndicat avait dénoncé. Une pétition, "Non à la loi Yadan", déposée sur la plateforme de l’Assemblée a recueilli plus de 500 000 signatures. En principe, ce seuil peut donner lieu à un débat en séance publique au Parlement s’il est voté par la conférence des présidents.
Nous appelons les députés à entendre les arguments des défenseurs de la liberté de la presse et de la liberté d'expression et à rejeter cette proposition de loi. 

Paris
Jeudi 16 avril 2026
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