L'hebdomadaire La Lozère Nouvelle doit cesser de malmener ses journalistes

L'hebdomadaire La Lozère Nouvelle doit cesser de malmener ses journalistes

Si les voies du Seigneur sont impénétrables, la stratégie de La Lozère Nouvelle l’est tout autant. En revanche, la souffrance des salariés est, elle, bien réelle. Depuis plusieurs semaines, cet hebdomadaire proche du diocèse de Mende est dirigé par son ancien directeur commercial. C’est le cinquième directeur en quatre ans. L’association éditrice en a profité pour adopter un nouvel organigramme, mais sans prévenir en amont les principaux intéressés. 

En place depuis 2015, l’ancien rédacteur en chef, a ainsi découvert lors de ses congés - et par hasard - qu’il n’occupait plus ces fonctions. C’est un lecteur qui le lui a fait remarquer par téléphone, après avoir parcouru l’ours du journal… Le journaliste n’a reçu ni courrier ni appel, pour lui expliquer ses nouvelles missions. Un autre journaliste a également découvert au retour de ses congés que la plupart des tâches qui lui incombaient depuis plusieurs années lui étaient retirées.  

La présidence de l'association a certes partagé le nouvel organigramme avec les salariés via une note de service adressée par mail, mais les 150 correspondants locaux de presse qui alimentent le journal attendent toujours d’être informés. 

Des méthodes très peu en phase avec la fraternité et la bienveillance prônées par l’Église catholique. Elles bafouent surtout le Code du travail. Un salarié doit être informé lorsque ses missions changent, et doit donner son accord si cette modification est substantielle. L’employeur doit également veiller aux conséquences d’une réorganisation sur les conditions de travail et la santé de ses salariés. 

Le Syndicat national des journalistes, première organisation de la profession, appelle donc les responsables de la Lozère Nouvelle à se ressaisir, et à renouer au plus vite le dialogue avec l’ensemble de l'équipe qui fait vivre ce journal au quotidien. 

Il se réserve le droit d'alerter l'inspecteur du travail et la médecine du travail, des méthodes de la direction qui mettent en danger la santé mentale des salariés.

Paris
Mardi 30 juin 2026
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