MOTION : Lutter contre l’extrême droite et l’autoritarisme
Lutter contre l’extrême droite et l’autoritarisme, en coordonnant nos actions pour combattre la désinformation et réaffirmer le rôle du journalisme
Proposée par le Syndicat national des journalistes (SNJ), le Syndicat national des journalistes-CGT (SNJ-CGT) et la CFDT-Journalistes, France
Le Congrès mondial de la Fédération internationale des journalistes, réuni à Paris du 4 au 7 mai 2026, constatant que :
1. Des politiques sans concession, illibérales, voire totalement autoritaires, se répandent rapidement dans de nombreux pays à travers le monde, y compris dans des pays où la démocratie, le respect de l’État de droit et les libertés fondamentales sont inscrits dans les principes constitutionnels et garantis par la stabilité sociale ;
2. La montée de l’extrême droite en France et au-delà de nos frontières est devenue un problème majeur. Déjà au pouvoir ou sur le point de l’être, ces partis sont dangereux pour les journalistes, qu’ils discréditent constamment, dangereux pour les syndicats, qu’ils soient journalistiques ou non, et dangereux pour nos sociétés dans leur ensemble, avec leur rhétorique « post-vérité » qui antagonise le débat public et tente d’imposer des « faits alternatifs » à une profession qui ne croit qu’aux faits observés, vérifiés et recoupés.
3. Ces politiques visent en particulier à museler délibérément les médias et les journalistes, soit en les privant de ressources financières, soit en supprimant les services publics, soit en intimidant les journalistes. Elles menacent nos démocraties car, dès leur arrivée au pouvoir, elles ferment les médias publics, restreignent la liberté d’expression, suppriment les subventions aux associations qui leur déplaisent et réduisent au silence toute voix dissidente par l’intimidation, la pression ou, plus efficacement encore, par des décisions autoritaires visant à les fermer « administrativement » – en bref, par la censure d’État.
4. Face à ces menaces qui pèsent sur la liberté d’informer et d’être informé à travers le monde, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) condamne depuis quatre ans ces politiques ultralibérales qui privent le grand public d’une information de qualité.
Le Congrès rappelle que la Charte mondiale d’éthique de la FIJ (2019) et les statuts de la FIJ reposent sur le principe fondamental de la solidarité internationale entre journalistes.
En conséquence, ce Congrès du centenaire :
1. Appelle tous ses membres à continuer de lutter, par tous les moyens nécessaires, y compris les grèves générales, contre ces politiques autoritaires, dont le seul objectif est de répandre la désinformation à l’échelle mondiale en déréglementant les règles et les principes essentiels à de véritables démocraties à travers le monde ;
2.Encourage ces mêmes affiliés à nouer des liens avec les syndicats et les organisations professionnelles de leurs pays respectifs afin de mettre en place un programme d’information digne de ce nom dans les pays où la FIJ est représentée ;
3.Propose la mise en place de formations pour contrer les « récits » et les fausses informations diffusés par les partis d’extrême droite, permettant ainsi à ses affiliés de se renforcer mutuellement grâce à l’échange de bonnes pratiques, en leur fournissant des leviers juridiques dans les entreprises et en luttant contre la propagande de leurs médias financés par de riches conservateurs.
4.Charge le Comité exécutif de la FIJ de mettre en place une unité de coordination internationale afin d’organiser l’action des affiliés et de réaffirmer le rôle essentiel d’un journalisme de qualité à travers le monde.

