Nous, femmes journalistes, refusons d’être précarisées
Le Syndicat national des journalistes (SNJ), première organisation de la profession, appelle ses membres à rejoindre les défilés ce dimanche 8 mars 2026 pour la journée internationale des luttes des droits des femmes. Le SNJ appelle également ses adhérents à militer toute l'année, dans les entreprises et sur le terrain, pour une égalité réelle entre les femmes et les hommes.
Le communiqué ci-dessous a été rédigé par le collectif "groupe Femmes" du SNJ.
Nous, femmes journalistes, refusons d'être exploitées, sous-payées ou précarisées. Pas plus que dans les autres professions, nous ne sommes épargnées par les discriminations fondées sur notre genre : nous représentons la majorité (52,5%) des CDD et des journalistes rémunérées à la pige, lesquels ont vu leurs revenus moyens baisser de 20% en 25 ans. Les inégalités de salaires, pour les femmes (46,5% de la population des journalistes en CDI), sont accentuées par la volonté des patrons d’individualiser de plus en plus nos rémunérations.
Nous, militantes féministes du SNJ (membre fondateur de l'Union syndicale Solidaires), exigeons une application ambitieuse de la directive européenne sur la transparence salariale afin d’obtenir l’égalité réelle des rémunérations et des carrières. Alors que ce texte européen vise à renforcer l'application du principe « à travail de valeur égale, salaire égal » par des mécanismes de contrôle et de sanction, nous déplorons le report de son application en France à janvier 2027.
Nous réclamons aussi des mesures concrètes pour éradiquer les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans les rédactions, trop souvent minimisées ou ignorées, qu’elles soient commises par des sources ou des collègues : nous revendiquons une prise en charge par les employeurs des frais de justice, médicaux et psychologiques engagés par les victimes ; interdiction des licenciements ou de sanctions visant des victimes, aménagement du temps de travail ou mobilité ; moyens et temps dédiés pour les référents VSS.
Et quand le travail salarié s'arrête, le travail gratuit commence. 80 % des femmes consacrent au moins une heure par jour à la cuisine ou au ménage contre seulement 36 % des hommes. Alors ce dimanche 8 mars, faisons la grève des tâches ménagères et familiales pour obtenir la fin du patriarcat et une société enfin égalitaire ! Rendons visible l’invisible. Une forte mobilisation est cruciale à quelques jours d’élections municipales et à un an d’une élection présidentielle où les politiques réactionnaires semblent en mesure de l'emporter. À chaque fois et partout où ces idées progressent, les droits des femmes comme les libertés de la presse et d’expression reculent. A double titre, nous, femmes journalistes, nous devons d’être ce dimanche dans la rue.
Rejoignez nous dans l’une des nombreuses manifestations organisées dans toute la France : https://www.grevefeministe.fr/mobilisations/
A Paris, un village féministe ouvrira ses portes à 11 heures place Stalingrad (19e arrondissement). Rendez-vous à 13h30 devant le stand Solidaires pour participer au cortège syndical, qui partira direction République.

