Pas de respect, pas d'échos

Pas de respect, pas d'échos

Communiqué des élus de la rédaction des Échos
Avec le soutien de tous les syndicats de l’UES : SNJ, SNJ-CGT, CFE-CGC, Unsa, FO

La rédaction des Échos a décidé à 89,3 % une journée de grève à compter de ce jeudi 16h au cours d’un vote à bulletin secret dont les résultats sont :
Participation : 190 votants sur 206 inscrits = 92,2 %
Oui : 159 soit 89,3% des exprimés
Non : 19 soit 10,7% des exprimés
Ne se prononce pas : 12


Cette grève, exceptionnelle aux Échos, a un motif immédiat et un motif plus profond.
Dans l’immédiat, la rédaction fait grève au nom de tous les salariés du groupe pour répondre à la proposition humiliante de la direction sur les salaires : après une année blanche consentie en 2025 pour préserver l’emploi, il a été proposé 30 euros brut d’augmentation pour les 25% des journalistes les moins bien rémunérées.
Une aumône pour les uns et rien pour les autres !
D’autant que depuis six mois, la Direction ne respecte même plus ses engagements en matière d’emploi. On nous invoque des raisons économiques, sauf que notre actionnaire ne cesse de racheter des titres de presse. Les salariés des Echos ne sont pas responsables des choix stratégiques de l’actionnaire et de la direction du pôle presse. 
Les journalistes ont la responsabilité de fournir des articles, des podcast et des vidéos. Ils le font manifestement suffisamment bien pour que les Echos augmentent chaque année depuis plus de dix ans le nombre de leur abonnés payants.


Le motif profond de cette grève est le sentiment prégnant d’irrespect des dirigeants du pôle presse de LVMH à l’égard du métier de journaliste.
Après avoir fonctionné treize mois en autogestion, la rédaction des Echos a su se mobiliser pour se réorganiser en un temps record et sortir en un an, une nouvelle appli avec un rendez-vous quotidien y compris le week-end, changer la maquette du quotidien et du magazine, augmenter et varier les formats des articles publiés sur le site, développer son offre vidéo, créer de nouvelles newsletters… Et ce dans un contexte d’économie réellement à l’euro près. Donc en se reposant encore et toujours sur la surmobilisation des salariés.
Aujourd’hui, nous disons stop : un salaire n’est pas une faveur mais la rétribution d’une quantité et d’une qualité de travail. Aux Echos tout augmente –  le prix de l’abonnement, le nombre d’abonnés et la quantité de travail – sauf les salaires. Depuis plusieurs années, avec l’inflation, nous travaillons plus pour gagner moins. 
Rester dans la course à l’information de qualité nécessite des investissements technologiques et humains. Or ces derniers sont toujours lâchés au compte-goutte et jamais en quantité suffisante pour faire la différence.
Nous ne pouvons plus faire du premium avec l’enveloppe financière du low cost.

Paris
Jeudi 15 janvier 2026
Accès pour tous