Presse quotidienne régionale : un accord salarial, enfin !
Ce n’était plus arrivé depuis une bonne quinzaine d’années, en raison d’un dialogue social parfois atone, et surtout la volonté patronale de déléguer totalement aux entreprises la politique salariale de branche. Après de nombreux aller-retours depuis début avril, le SNJ a signé dans le courant de l’été l’accord salarial de la presse quotidienne régionale (PQR), qui est entré en vigueur au 1er septembre.
La situation était devenue très problématique, les plus bas échelons de la grille conventionnelle (les indices 95, 100 et 107) ayant été dépassés par le SMIC, réhaussé au 1er juin à 1867,02 € brut. Si les représentants des employeurs ont refusé toute augmentation au-delà du coefficient 120, l’accord acte des augmentations significatives sur les plus bas échelons : + 6,96 % sur l'indice 95 (1950 €), + 6,97 % sur le 107 (1980 €), + 6,68 % sur le 110 (2030 €), + 3,10 % sur le 115 (2070 €) et + 6 % sur le 120 (2200 €).
Le SNJ avait formulé plusieurs contre-propositions, notamment pour réintroduire des valeurs de point, et revaloriser également les coefficients situés entre 120 et 160, touchés comme tout le monde par les augmentations du coût de la vie. Mais là, c’était trop demander !
Si la mise en œuvre de cette nouvelle grille aura globalement peu d’impacts sur les salaires réels pratiqués dans les entreprises de PQR, pour la plupart au-dessus du conventionnel, c’est un message nécessaire adressé aux employeurs de la branche, qui ne peuvent laisser se paupériser la population des journalistes, rattrapés d’année en année par les successives augmentations du SMIC.
Les salariés des journaux de PQR ne sont pas responsables de la situation économique du secteur, ils n’ont pas à en payer le prix.
Le SNJ appelle les consoeurs et confrères à se saisir de cet accord de branche pour interpeller les directions et enclencher une nouvelle dynamique sur la négociation salariale, qui en a bien besoin.
Le SNJ a conditionné sa signature à l’engagement patronal d’ouvrir une négociation sur les classifications, à la fois pour revoir la grille et intégrer enfin les nouvelles fonctions liées au numérique.
En revanche, il n’a toujours pas été possible de trouver un accord sur l’établissement d’un barème de piges au feuillet, les représentants des employeurs n’ayant pas souhaité aller au-delà des 52 € le feuillet, ce qui aurait constitué le barème le plus bas de l’ensemble des formes de presse. Le SNJ avait proposé un dispositif évolutif sur plusieurs années permettant d’atteindre par paliers les 60 € le feuillet. L’absence totale d’information fournie aux négociateurs sur les barèmes pratiqués par les entreprises de la branche pose question sur la loyauté de ces discussions, et la réelle volonté d’aboutir côté patronal.

