Refus d'accréditation au salon EuroSatory : la justice donne raison au journaliste de Politis Maxime Sirvins

Refus d'accréditation au salon EuroSatory : la justice donne raison au journaliste de Politis Maxime Sirvins

"Une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression et à la liberté de travailler" : c'est en ces termes que la justice administrative vient de qualifier, ce mercredi 17 juin, la décision du ministère de l'Intérieur de retirer l'accréditation d'un reporter pour un salon professionnel dédié à l'armement et à la défense. Les juges ont donc tranché en faveur de la liberté de la presse, contre une décision arbitraire et inquiétante des services de l'Etat.

Le tribunal administratif de Paris était saisi, dans le cadre d'un référé liberté, par le journaliste Maxime Sirvins. Ce dernier devait suivre pour le magazine Politis un événement important consacré à la défense et la sécurité, le salon EuroSatory, organisé à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, du lundi 15 juin jusqu'au vendredi 19 juin. 
Après avoir obtenu une accréditation par le circuit habituel réservé à la presse, Maxime Sirvins s'est vu retirer son badge d'accès le lundi 15 juin en raison "d’un avis défavorable émis à son encontre au visa de l’article R 211-32 du Code de la sécurité intérieure"
En clair, les services du ministère de l'Intérieur ont estimé que la présence du journaliste au salon pouvait être "de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat".

Lors de l'audience, qui s'est tenue ce mercredi 17 juin en début d'après-midi, l'avocat du ministère de l'Intérieur a indiqué que cet avis défavorable avait été pris « non pas parce que Maxime Sirvins est identifié comme un journaliste dans un journal de gauche, mais parce qu’il est considéré comme un militant ayant participé à des événements d’extrême-gauche ». C'est pourtant bien le journaliste qui était visé, empêché de travailler. Sans aucun élément venant accréditer sa prétendue dangerosité. Par ailleurs, il a aussi évoqué la "campagne de dénigrement" qu'aurait mené Maxime Sirvins par la parution de plusieurs articles portant sur des entreprises présentes au salon EuroSatory.

Heureusement, les avocats de Maxime Sirvins (Me Brunisso, Me Kermagoret, Me Koch-Maruquant et Me Vinot) ont été plus convaincants en s'appuyant sur les libertés fondamentales, dont la liberté de la presse et le droit d'informer, pour demander le rétablissement de l'accréditation. Ils ont également dénoncé le fait "qu'une décision administrative a eu pour effet de priver un journaliste, et par extension, un journal, de couvrir un événement et d'enquêter".

Le tribunal a donné raison à Maxime Sirvins, et a ordonné au ministère de l'Intérieur de fournir un avis conforme favorable sous 24 heures, ce qui devrait permettre à notre confrère de rejoindre le salon Eurosatory dès ce jeudi.

Le Syndicat national des journalistes (SNJ), première organisation de la profession, se réjouit de cette décision de la justice administrative et déplore la nouvelle tentative d'entrave à la liberté de la presse émanant du ministère de l'Intérieur. 
Le SNJ, qui s'était constitué intervenant volontaire dans la procédure, en soutien, salue la détermination de notre confrère et du magazine Politis. 
La charte d'éthique professionnelle du SNJ rappelle notamment que "le journaliste accomplit tous les actes de sa profession (enquête, investigations, prise d’images et de sons, etc…) librement, a accès à toutes les sources d’information concernant les faits qui conditionnent la vie publique". Le SNJ et ses militants défendront ce droit d'informer devant toutes les juridictions, tant que nécessaire. 
 

Paris
Jeudi 18 juin 2026
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