Rodolphe Saadé : après la condamnation, le mensonge

Rodolphe Saadé : après la condamnation, le mensonge

BFMTV et l'agence de presse AIMV ont été condamnés conjointement par la cour d'appel de Douai en 2021 pour « délit de marchandage ». Et cette condamnation a été confirmée en 2023 par la Cour de cassation. Le mot-clé est « délit ».

Pour s'exonérer de sa grille de salaire et de ses accords d'entreprise, BFMTV employait une journaliste en ayant recours aux bons services de l'agence AIMV, filiale du groupe Sud-Ouest. La journaliste était payée moins cher que ses alter ego de BFMTV tout en faisant le même travail qu'eux, avait moins de jours de repos, pas d'accès au CSE et à ses avantages, etc.

Ou comment se procurer des journalistes moins coûteux. Malheureusement pour la chaine, et heureusement pour les journalistes, c'est interdit par la loi, considéré comme du prêt de main-d'oeuvre illicite.

Aujourd'hui, BFMTV affirme qu'en 2016, l'inspection du travail n'avait rien trouvé à redire à ce type de montage juridique. En 2016 !!! Depuis, le délit de marchandage lui a bien valu une condamnation pour délit de marchandage, confirmée par la Cour de cassation. BFMTV est dans le déni et fait comme si cette décision n'existait pas.

De deux choses, l'une : soit Rodolphe Saadé ne sait pas lire des décisions de justice, ce qui serait étonnant pour un monsieur aussi riche et bardé d'une armée d'avocats. Soit il ment purement et simplement.

Pire, il récidive aujourd'hui. Alors que l'agence de presse AIMV a été écartée fin 2025, il a fait construire un système très exactement similaire par une autre agence, Aktua Presse, créée pour l'occasion afin de répéter son forfait et sous-payer ses journalistes en région. C'est agaçant.

Les journalistes qui étaient jusque-là rémunérés par AIMV, même s'ils travaillaient en réalité et exclusivement pour BFMTV, y ont perdu une activité qu'ils exerçaient pour certains depuis plus de quinze ans. Leurs emplois sont attribués à d'autres journalistes, que Rodolphe Saadé espère sans doute plus dociles et corvéables à merci.

Ces journalistes écartés et le SNJ ne lâcheront rien. Et comptent bien faire appliquer les deux décisions de justice, l'une qui a condamné BFMTV, l'autre qui a confirmé cette condamnation. Jusqu'à ce que Rodolphe Saadé comprenne qu'il ne peut pas échapper à ses obligations vis-à-vis de ses journalistes ni à la jurisprudence que BFMTV a contribué à créer.

Paris
Vendredi 13 mars 2026
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