SNJ groupe EBRA

Secrétaire de rédaction : un métier sacrifié sur l’autel de l’intelligence artificielle

Secrétaire de rédaction : un métier sacrifié sur l’autel de l’intelligence artificielle

C’est un des points les plus alarmants dévoilés par les directions des titres du groupe EBRA, lors de l’annonce du « projet de réorganisation » présenté aux élus lundi 22 juin. Le déploiement d’un « outil d’aide à la production » appelé MEPA (pour Mise en page automatique) et l’utilisation de l’intelligence artificielle pour « simplifier les tâches d'editing et de relecture » font partie des transformations souhaitées par le groupe EBRA pour justifier les coupes rases opérées dans les secrétariats de rédaction des différents titres. Qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas que d’un maillon inoffensif ajouté au logiciel utilisé par les secrétaires de rédaction du groupe. L’intelligence artificielle est annoncée à toutes les étapes de fabrication de l’information.

La mise en page serait complètement déléguée à des machines dont on ne connaît ni le nom, ni les fonctionnalités, ni les capacités, et sortie du champ de compétences des secrétaires de rédaction. La relecture et la correction par l’IA générative concerneraient les copies de correspondants locaux de presse. Des propositions de titres et de chapeaux pour un « travail stylistique et qualitatif » et de « conformité éditoriale » seront également faites aux éditeurs et aux rédacteurs.

Le projet proposé par la direction du groupe Ebra sur-évalue la partie technique de la mise en page, les fameuses tâches chronophages et répétitives, pour justifier l’introduction de cette automatisation. Alors que la majorité du temps de travail des SR se concentre sur la relecture, la correction, la vérification, la réécriture et la hiérarchisation de l’information dans le but de proposer une information fiable et de qualité. Travail que les IA génératives sont incapables de réaliser, quel que soit leur propriétaire.

Des nouveaux outils déployés sans réelle appréciation de la réalité du travail des journalistes éditeurs. Ils pèsent aujourd’hui comme une menace sur tout un pan essentiel de notre profession. On passerait alors de missions éditoriales à une mission de « superviseur » de tâches automatisées, circonscrite à la validation éditoriale d'un contenu corrigé, réécrit ou modifié par une IAG. On marche sur la tête !

Au-delà des risques psychosociaux importants, notamment sur la perte de sens du métier, cela pose la question de la vision de l’information portée aujourd’hui par Sophie Gourmelen et le groupe EBRA. Dans un monde où tout est automatisé, rationalisé pour faire du « clic », quelle place reste-t-il pour un journalisme humain, local et de qualité ?

Nous appelons dès aujourd’hui le groupe EBRA, détenu par le Crédit Mutuel, à revoir sa copie et à véritablement intégrer les représentants des salariés à une réflexion ambitieuse sur l’avenir de notre profession, plutôt que de proposer un plan au rabais sans véritable vision. Un contenu éditorial qui appartient à ses journalistes, et non à des machines, ça change tout !

Jeudi 25 juin 2026
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