Souriez, vous êtes espionnés
Dans un mail envoyé aux avocats du groupe Sud-Ouest, la « responsable des affaires juridiques et sociales » du groupe, rattachée à la DRH, explique sans vergogne comment pirater les boites mails des salariés. Dans la foulée, elle regrette l'époque passée et pas si lointaine où elle avait accès aux mails de tous les collaborateurs sans que ces derniers ne puissent s'en rendre compte.
Mais oups ! Par mégarde, elle envoie aussi le mail en question à une adresse collective dont plusieurs salariés du groupe sont destinataires. Quand elle se rend compte de sa bévue, son assistante envoie un nouveau mail intitulé « ERRATUM » : « Ce mail ne vous était pas destiné, merci de bien vouloir le supprimer. » Raté.
Ceux qui l'ont reçu sont stupéfaits, à juste titre. Pour la DRH du groupe Sud Ouest, pirater les messageries électroniques professionnelles semble une évidence. Pourtant, sur son site internet, le groupe expose ses valeurs : « humanisme, indépendance éditoriale et pluralisme » qui « font de nous un tiers de confiance incontestable ». Mais avec une bien curieuse conception de l'humanisme et de la confiance.
Le Syndicat national des journalistes, première organisation de la profession, exige que le groupe Sud Ouest cesse immédiatement ces pratiques qui ruinent la confiance de ses salariés. Pour éviter tout risque, le SNJ appelle également tous les journalistes à éviter absolument les adresses mail professionnelles, pour échanger des informations qui pourraient être utilisées contre eux par leur employeur.

