Soutien au journaliste de Ouest-France agressé le soir des élections
Il ne faisait que son travail. Dimanche soir 15 mars 2026, alors que les bureaux de vote venaient tout juste de fermer à Saint-Ellier-des-Bois – petite commune rurale de 250 habitants dans l’Orne – un jeune collègue de la rédaction Ouest-France d’Alençon qui souhaitait assister au dépouillement a été empêché d’entrer par le maire sortant, Edgar Moulin, seul candidat à sa succession.
« Dehors ! lui a intimé l’élu par ailleurs mis en examen pour viol sur personne se livrant à la prostitution, proxénétisme aggravé, recours habituel à la prostitution de mineurs et détention d’images pédopornographiques. Je te donnerai les résultats dehors ! »
Notre collègue a finalement réussi à se faufiler pour assister au dépouillement une dizaine de minutes plus tard dans une ambiance très tendue. Après l’annonce de sa réélection, le maire, par ailleurs toujours présumé innocent, n’a pas voulu s’exprimer, lançant notamment : « De toute façon, vous écrivez ce que vous voulez alors ça ne sert à rien. » Dans les minutes qui ont suivi, le journaliste de Ouest-France a de nouveau été pris à partie par un homme bousculant son téléphone, lui donnant des coups d’épaules pour le faire sortir, et l’insultant. Quatre autres personnes l’ont ensuite rejoint pour, elles aussi, proférer des insultes. Notre confrère a fini par repartir et rentrer – choqué – à la rédaction d’Alençon. Ces faits ont été relatés sur le site internet du journal et dans sa version papier lundi matin. La direction de Ouest-France, qui « condamne fermement ces faits inadmissibles à l’encontre d’un journaliste dans l’exercice de sa mission d’information », a d’ores et déjà annoncé qu’elle déposerait plainte avec constitution de partie civile. Notre collègue aussi.
Le Syndicat national des journalistes, première organisation de la profession, condamne fermement cette agression et apporte son soutien total à notre confrère. S'il le souhaite, le SNJ pourra l'accompagner devant les tribunaux. Le SNJ rappelle que les journalistes ne demandent qu’à faire leur travail et à exercer leur mission d’informer dans des conditions dignes et respectables. C’est l’un des principes fondamentaux de notre démocratie

