Soutien aux salariés de Challenges en grève
Le Syndicat National des Médias et de l'Ecrit (SNME) CDFT et le Syndicat National des Journalistes (SNJ) apportent leur entier soutien aux équipes de l'hebdomadaire Challenges, et appellent à la grève ce mardi 21 avril, en cohérence avec les décisions prises par l'assemblée générale et la société des journalistes du titre. Ces salariés luttent depuis des mois pour préserver l'avenir du magazine, aujourd'hui fortement compromis par une nouvelle opération de concentration des médias.
Ufipar (filiale du groupe LVMH et déjà propriétaire des journaux Le Parisien, Les Echos et L'Opinion) a racheté les Editions Croque Futur (Challenges, La Recherche, Sciences et Avenir) fin décembre 2025. Cette prise de contrôle par le groupe du milliardaire Bernard Arnault a été accompagnée de décisions très inquiétantes, dont la dénonciation de la charte éditoriale de Challenges, un pilier de l'indépendance du titre.
Malgré un dialogue constructif la semaine dernière avec Michelle Benbunan, directrice générale du groupe Les Echos-Le Parisien (ayant permis notamment l’obtention d’un report de la fin de la clause de cession bonifiée au 20 mai 2026 et la réouverture d'une réflexion sur le déménagement intermédiaire) il a été notifié que LVMH n'entendait faire aucune ouverture sur la charte d'indépendance, ni la respecter après son délai de survie, en mai 2027.
Cette décision, couplée au processus de "clause de cession" pourrait provoquer le départ, avant l'été, de nombreux journalistes. Nous partageons les inquiétudes légitimes des salariés et soutenons leur mobilisation : cette grève historique vise à obtenir des garanties sur l'indépendance éditoriale du titre, mais également sur le maintien des effectifs nécessaires à la fabrication des magazines.
Le SNME-CFDT et le SNJ réaffirment leur solidarité à l'égard des salariés des Editions Croque Futur et de leurs élus. En décembre 2025, les deux syndicats ont engagé plusieurs procédures juridiques visant à soutenir les rédactions du groupe et à consolider leur liberté éditoriale.
Devant le Conseil d'Etat, le SNJ (associé au SNJ-CGT et à Reporters Sans Frontières) exige que le gouvernement français applique sans délai la règlementation européenne sur la liberté des médias. Le SNME-CFDT, le SNJ et le SNJ-CGT ont également saisi l'Autorité de la concurrence afin de faire constater un abus de position dominante du groupe LVMH sur la presse économique, et d'obtenir la mise en place de garanties d'indépendance.

