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Section SNJ Bretagne

[Ouest France]

Les jeunes journalistes d’Ouest France méritent mieux !


Chacun doit s’interroger, nous dit Philippe Boissonnat, à la Une d’Ouest France, samedi 2 février : « Comment faire plus et plus vite pour l’insertion des 18-30 dans la vie active, dans l’autonomie financière, dans le logement ? », « Comment faire mieux pour permettre aux hommes et aux femmes de concilier vie personnelle et professionnelle ? »

Soucieux de relancer la natalité en France, le rédacteur en chef adjoint d’Ouest France fait une juste analyse : oui, il y a bien un lien de cause à effet entre la précarité professionnelle et le fait qu’on retarde le moment de créer une famille.

Oui, on hésite à faire des enfants quand on ne sait pas si on aura encore du travail dans deux mois et si on habitera Rennes, Loudéac ou Vire. Oui, on y réfléchit à deux fois quand on ne sait pas si on pourra garder son logement, quand le conjoint ou la conjointe a son travail dans une ville où on n’est pas sûr d’être encore le mois suivant…

Préoccupé aussi par cette tendance qu’ont les jeunes couples à retarder l’arrivée du premier enfant, puis du deuxième, et souvent à renoncer au troisième, le rédacteur en chef adjoint d’Ouest France fait preuve d’une grande lucidité lorsqu’il suggère que, pour y remédier, « la société a le devoir de leur simplifier la vie », et que « l’organisation des entreprises » y a un rôle à jouer.

Oui, bien sûr, on hésite à agrandir la famille lorsqu’on sait que le déroulement de sa carrière risque d’en prendre un coup. Lorsqu’on observe que l’employeur ne fait rien pour faciliter l’accès des femmes aux postes à responsabilités et aux salaires qui vont avec. Lorsque l’employeur, malgré les engagements qu’il a pris, continue de programmer des réunions en fin de journée en sachant que certains salariés vont se retrouver face à un casse-tête de garde d’enfants.

Qu’on approuve ou non les visées natalistes de l’éditorialiste, on ne peut que saluer cette clairvoyance.

Mais quand on est journaliste à Ouest France, on ne peut que s’étonner que le même rédacteur en chef adjoint, qui a la haute main sur les embauches et les carrières, n’ait pas à cœur de mettre immédiatement en pratique les recommandations qu’il lance aux lecteurs.

Il n’est pas nécessaire de rappeler, tout le monde le sait, que la direction d’Ouest France entretient, depuis des années, une armée de journalistes précaires en contrats à durée déterminée sur des postes permanents. Chacun sait aussi, depuis longtemps, que les femmes à la rédaction d’Ouest France ne sont pas traitées à égalité avec les hommes, en particulier dans l’accès aux postes à responsabilité.

Oui, les jeunes parents méritent mieux. Les jeunes journalistes d’Ouest France aussi méritent mieux.
 

Rennes, le 12 Février 2018

Thèmes : Précarité

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